Pourquoi les daltoniens se sont plaint de la coupe du monde 2018

Certaines personnes connaissent l’application smartphone qui permet aux daltoniens de mieux reconnaitre les couleurs mais la technologie n’est pas toujours d’un secours très efficace. La coupe 2018, si elle a fait vibrer beaucoup de supporters, d’autres n’ont pas pu profiter pleinement de certains matches.
Le daltonisme, anomalie de la vision, concerne près de 300 millions de personnes dans le monde. Portée par le chromosome X, la maladie touche principalement les hommes. Il existe plusieurs formes de daltonisme. La rétine est couverte de cônes de trois types. Chacun perçoit une couleur, le bleu, le vert ou le rouge. Si un ou plusieurs types de cônes dysfonctionnent, le malade ne percevra pas certaines teintes.
L’organisation d’un match ne prend pas systématiquement en compte cette maladie. A titre d’exemple, le match d’ouverture entre la Russie, nation hôte, et l’Arabie saoudite. Les joueurs portaient en effet des maillots rouges et verts ce qui constitue une des principales préoccupations pour les daltoniens. Sur cet article on apprend que sur les réseaux sociaux, les supporters auraient fait part de leur frustration dès le début du match d’ouverture.
L’entraîneur norvégien, Lars Lagerbäck, s’est lui-même plaint du choix des couleurs dans certaines rencontres et l’on peut s’interroger sur les raison qui font que l’on soit passé à côté de ce problème.
Cet extrait de la vidéo de Lars Lagerbäck illustre la difficulté de distinguer des équipes portant des couleurs spécifiques.

Les signalisations rendent aussi le suivi du match compliqué. Les daltoniens et daltoniennes sont parfois incapables de savoir qui a marqué un tir au but, la distinction par la couleur étant beaucoup moins pratique que le fait de cocher une case par exemple.
Ce n’est pas forcément plus évident pour les joueurs eux-même. L’un des joueurs de l’équipe du Danemark a avoué avoir quelques soucis pour distinguer ses coéquipiers de ceux de l’équipe du Mexique pendant un match amical. Thomas Delaney jouait en rouge et le Mexique en vert.

A l’inverse pour la demi-finale Portugal – pays de Galles de juillet 2016, l’UEFA a obligé les deux équipes à jouer avec leur tenue « extérieur », c’est-à-dire le deuxième jeu de maillots. Vert pour les Portugais (au lieu du rouge pour le premier jeu), gris/noir pour les Gallois (au lieu du rouge aussi). Selon Wales Online, c’est parce que le rouge du Portugal faisait «un clash de couleurs» avec le gris/noir des Gallois, les deux couleurs étant trop sombres.

Une démarche qui a sauvé le match des Daltoniens et qui démontre que les instances sportives peuvent anticiper ce risque.

De plus en plus de personnalités du sport commencent à dénoncer la discrimination dans le sport pour les personnes atteintes de daltonisme. En mars 2017, le journal The Times a rapporté que le capitaine de cricket du Yorkshire, Gary Ballance, a déclaré qu’il ne pourrait peut-être pas jouer contre Surrey lors du championnat du comté en raison de la décision d’utiliser une balle rose. Alors qu’une balle rose améliore visiblement la visibilité des joueurs ayant une vision normale sous les projecteurs, c’est l’inverse pour les joueurs daltoniens. Le joueur de cricket australien à la retraite, Chris Rogers, a également parlé de sa difficulté à voir la balle rose en jouant de nuit en Australie, mais les autorités de cricket semblent continuer à l’utiliser, contrairement à la FA anglaise propre ballon de coupe «rose» utilisé pendant la saison 2014/15.
Souvent, le manque de connaissance des maladies cardiovasculaires est la cause de cette discrimination involontaire, dans le sport comme dans d’autres domaines de la vie, mais cela ne le rend pas pour autant acceptable.

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