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Football et société

Le ballon rond est-il en train de crever ?

Droits télé, baisse de licenciés, crise économique, menace de dépôts de bilan, envahissement de terrains, le football ce grand malade ne tourne plus rond.

Spoiler alert, si vous êtes passionnés de football, cet article pourrait être dangereux pour votre santé car celle de notre Ligue des talents et plus largement celle de notre sport préféré est en danger.

C’est bientôt la fin d’un monde. Accrochez-vous. On vous aura prévenu.

Mediapro, les amateurs

Alors que se joue le championnat avec nos habituels rendez-vous du week-end comme si de rien n’était, le drame se profile en coulisses. Le premier symptôme, et pas des moindres, avait éclaté à la tronche de la Ligue 1 l’an dernier. Le père Noël Mediapro qui promettait monts et merveilles à coup de milliards s’est avéré être un croque mitaine. Les clubs professionnels dont le budget dépend largement des droits télé avaient signé un pacte avec le diable qui ne l’emportera pas au paradis puisqu’il s’est tiré après seulement quelques mois, incapable d’honorer financièrement ses promesses. Résultat, Canal et Amazon reprenaient le cadavre en négociant des droits largement revus à la baisse, laissant le football français dans la mouise, sans compter les recettes de billetterie nulles. Merci le Covid.

Jaume Roures, patron de Mediapro. On t’a reconnu Mitroglu ! (AFP)

Jean-Claude Mickeler, président de la DNCG, fait le constat après l’accident industriel dans l’Equipe.  « En deux saisons, les clubs ont perdu 700 millions d’euros de recettes : 400 millions de droits télévisés et 300 millions de transferts. Quand on ajoute les autres éléments liés la crise du Covid (billetterie, sponsoring), on arrive à une perte de 730 millions en 2020-2021, qui tient compte d’un abandon de créances de plus de 250 millions des actionnaires. Les clubs sont financièrement exsangues. On est à l’os« . Le patron du gendarme du football français estime même que des dépôts de bilan ne seraient pas à exclure sur la saison 2021-2022.

Les jeunes, plus Tik Tok que Tiki Taka

Vous êtes encore là ? Le cœur bien accroché ? Alors on continue.

Le football n’a plus la côte. Avec une perte de plus de 220 000 licenciés par rapport à la saison dernière, la FFF connaît une chute historique cette saison. Derrière ce chiffre, une réalité : selon une étude de l’Association européenne des clubs (ECA), les jeunes adultes, la génération des 16-24 ans, sont ceux qui s’intéressent le moins au football, et de loin. La génération plus Tik Tok que Tiki Taka ne s’intéresse que très peu aux matchs, hors compétitions internationales, (Merci Tonton Wenger qui a la riche idée de définitivement achever les joueurs en proposant une Coupe du monde tous les deux ans) et l’offre télé éclatée en différents canaux est bien au-dessus des moyens des jeunes appartenant aux couches populaires. D’ailleurs, elle l’est même pour les classes plus favorisées. L’accès gratuit aux matchs n’existe quasiment plus, il faut aujourd’hui dépenser pas moins de 100 euros mensuels pour regarder les matchs. En réponse, le stream pirate prolifère mais l’Assemblée nationale vient de siffler la fin du match avec un projet de loi donnant des moyens élargis pour lutter contre le piratage. Moins de visibilité, moins populaire, l’essence du foot disparait et si les tribunes libérées du huis clos sont encore bien garnies, il faut une fois de plus mettre le prix. Comptez 50 euros minimum en moyenne pour voir une affiche de Ligue 1.

Money, money, money

On continue ? Alors achevons la bête.

Chaque crise souligne encore plus les inégalités entre riches et pauvres et le projet de Superleague initié par le Real Madrid, le FC Barcelone et d’autres clubs européens puissants, a certes avorté dans un dernier souffle de raison devant l’ire des supporters, mais il n’en reste pas moins qu’il est encore sur la table des gros bras du football européen, flairant les gros billets à la clé.

La fameuse cancel culture (Photo Adrian Dennis)

Pour finir d’appuyer là où ça fait mal, nous assistons depuis le début de la saison à des envahissements de terrain par des abrutis, offrant un triste spectacle bien loin du sport, sans qu’une solution forte soit apportée pour les exclure hors des stades.

Allez mes chers passionnés. Fini de vous martyriser. Pendant que les champs du football brûlent, rejoignez vos potes pour taper le ballon. C’est encore là que la passion reste et restera toujours.

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