Le football est-il l’opium du peuple ?

On entend parfois dire que les matchs de football sont « l’opium » du peuple qui le détourne des grands problèmes de l’existence individuelle et collective de la société. Ce sport qui abrutirait les masses pour mieux les asservir. Cette conception pour le moins désenchantée ne manque pas d’argument et de nombreuses villes industrielles et aujourd’hui sinistrées comme Marseille, Naples, Liverpool supportent avec une très grande ferveur leur club de football.


Néanmoins cet argument qui veut que la mobilisation par le football profite essentiellement aux puissants ne tient pas très longtemps car à l’inverse l’appartenance à un groupe de supporters a démontré dans le passé pouvoir constituer un puissant catalyseur de revendications contestataires, stimulant les esprits plutôt que les endormant. Ainsi, à la veille de la coupe du monde 2014 au Brésil, les citoyens les plus pauvres manifestent contre l’austérité subie profitant du coup de projecteur porté sur le Brésil en cette veille de coupe du monde.

manifestation au Brésil avant la coupe du monde de football
A Marseille, le fanzine de l’un des principaux groupes ultras prône des idées libertaires et contestataires et considère au passage Marseille comme une citée multi-ethnique qui n’est pas la France. Le football est en ce sens moteur d’émancipation et joue le rôle de ciment culturel et symbolique dans les classes ouvrières jusqu’à faire de l’équipe locale un emblème culturel. Le football représenta l’étendard de la région Catalogne jusqu’à former une poche de résistance opposé à la mise sous tutelle. A l’inverse, l’exemple de l’équipe de France « Black Blanc Beurre » reflète un pays accueillant, modèle d’intégration grâce au football.

Le football peut donc prendre plusieurs formes selon l’époque et la société qui le vit et le fait vivre.

2 COMMENTAIRES

  1. Clair que oui, le foot est une distraction qui fait (parfois) oublier les difficultés de la vie. Mais pas très longtemps, la preuve les matches qui tournent mal (avec de la casse) révèlent les problèmes de chômage…

  2. Du pain et des jeux proclamait Jules César pour calmer la plèbe. Deux mille ans après J.-C., les jeux sont planétaires et la malnutrition frappe plus d’un milliard d’êtres humains. Les jeux sont devenus hypermédiatisés et utilisés pour détourner l’attention des peuples et l’endormissement généralisé des masses, le sport de haut niveau devient l’opium du pauvre…….Phénomène sociologique majeur qui cristallise les passions des plus vils au plus nobles, libérateur de pressions et de frustrations multiples. Il exacerbe le nationalisme du spectateur avec son petit drapeau qu’il agite, qu’il porte en maillot ou qu’il s’est peint sur la figure. Ces joueurs, gamins impolis et immatures, élevés comme du bétail, avec des salaires indécents, accrocs aux jeux vidéo, aux portables. Et, pour finir, comble de l’ironie, ces chômeurs et ces smicards qui, n’arrivant pas à boucler leurs fins de mois, applaudissent avec frénésie cette farce qu’ils alimentent.

    http://www.mondialisation.ca/pour-en-finir-avec-linstrumentalisation-des-foules-le-tragique-canular-du-football-business/5359605

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